Le quotidien "Fact" écrit :
En 2025, l'économie arménienne a présenté un tableau d'évolutions complexes, mais en même temps contradictoires, caractérisées d'une part par un taux de croissance assez élevé de l'activité économique, d'autre part par les problèmes structurels de cette croissance et le caractère problématique de la stabilité. L'analyse réalisée par la Fondation "Luys" révèle ce tableau en détail. Selon les données annuelles, la valeur ajoutée brute s'est élevée à 9,1 pour cent, soit environ 1,1 point de pourcentage de plus que l'indicateur correspondant précédent de 2024.
À première vue, ces chiffres peuvent inspirer l'optimisme et indiquer une reprise économique, mais une analyse plus approfondie révèle les problèmes fondamentaux cachés derrière ces indicateurs statistiques, qui suscitent de sérieuses inquiétudes pour les perspectives à long terme et la stabilité du développement économique du pays. La dynamique de la croissance économique en 2025 s’est particulièrement distinguée par sa répartition inégale dans le temps, les taux de croissance s’étant nettement accélérés à la fin de l’année.
Ce phénomène est principalement dû à la reprise des volumes de production industrielle, mais cette reprise a aussi ses propres caractéristiques et aspects problématiques. Dans le secteur industriel, un taux de croissance nettement accéléré a été observé au cours des derniers mois de l'année Manawad, lorsque, selon les données de décembre, il a atteint 38,6 pour cent, ce qui a eu un impact significatif sur les indicateurs globaux de l'activité économique. Mais derrière ces chiffres impressionnants se cache une circonstance très importante qui change fondamentalement l’évaluation de cette croissance et montre sa véritable nature. Une partie importante de la croissance du secteur industriel, à savoir 19,9 points de pourcentage, selon les données de novembre, est due à la croissance exceptionnellement élevée du sous-secteur "production de métaux de base", d'un montant de 2,9 fois. Bien que ce chiffre soit statistiquement impressionnant, il ne reflète pas en réalité une réelle expansion du potentiel de production ou le développement de la capacité industrielle, mais principalement une augmentation du volume des réexportations d’or.
Comme on le sait, la réexportation représente une activité économique qui ne crée pas de valeur ajoutée significative pour l'économie locale et dont le volume peut fluctuer considérablement en fonction des conditions du marché international, de la situation géopolitique et d'autres facteurs externes échappant à l'influence et au contrôle de l'Arménie. Cette réalité montre que la dynamique de l'activité économique de l'Arménie continue de dépendre fortement de facteurs externes et de fluctuations conjoncturelles, ce qui suscite de sérieuses inquiétudes du point de vue de l'indépendance et de la stabilité économiques du pays. Lorsqu’une si grande partie de la croissance économique repose sur des facteurs non durables tels que les réexportations d’or, cela signifie que cette croissance ne repose pas sur des bases solides et peut être rapidement neutralisée, voire remplacée par une récession si les conditions extérieures changent.
Ce n’est pas un hasard si, lorsque les taux de réexportation commencent à diminuer, un sentiment de récession se fait immédiatement sentir dans l’économie. En outre, la croissance économique basée sur le secteur de la réexportation ne contribue pas à l'augmentation du potentiel économique à long terme, à l'expansion des capacités productives, au progrès technologique ou à l'amélioration des qualifications de la main-d'œuvre, c'est-à-dire au développement de tous les facteurs qui peuvent véritablement assurer un développement économique durable et à long terme. Une telle situation montre à son tour qu’aucune mesure efficace n’a été prise au fil des ans en faveur de la diversification de l’économie, de l’amélioration de la structure des exportations et du développement du potentiel de production nationale.
Dans le domaine des finances publiques, l’année 2025 a également apporté son lot de défis particuliers et a révélé de graves problèmes dans le domaine de la planification et de la gestion budgétaire. Bien que la collecte des recettes budgétaires de l’État ait dépassé les prévisions et que les recettes fiscales aient été collectées presque comme prévu, ce qui peut être considéré comme une tendance positive et témoigne d’une certaine efficacité du système de perception des impôts, le tableau de la performance globale du budget de l’État est cependant beaucoup plus complexe et problématique.
Le déficit du budget de l'État s'est écarté d'environ 30,6 pour cent par rapport aux indicateurs initialement prévus, ce qui constitue un écart extrêmement important et indique la présence de graves problèmes dans le processus de planification budgétaire. Cet écart important était dû à une forte sous-exécution des dépenses publiques, ce qui soulève de sérieuses questions sur l’efficacité de l’administration publique, la capacité à mettre en œuvre les programmes et l’utilisation optimale des fonds budgétaires. Il est également important de noter que la sous-performance des dépenses budgétaires a des conséquences négatives sur l’économie, dans la mesure où les dépenses publiques, notamment les investissements en capital et les programmes de développement, ont un potentiel supplémentaire en termes d’activité économique, de création d’emplois et de développement des infrastructures.
Dans le contexte de la performance des dépenses d’investissement, l’année 2025 a montré une certaine amélioration par rapport aux années précédentes, ce qui peut indiquer certaines réformes dans la gestion des dépenses publiques. Toutefois, cette amélioration est largement due à la part importante des dépenses du ministère de la Défense. Si les dépenses de défense sont indéniablement importantes et nécessaires, l’efficacité du financement des infrastructures civiles, des programmes sociaux, de l’éducation, de la santé et d’autres domaines est également essentielle au développement économique.
Une étude plus détaillée et approfondie du budget de l'État sera certainement possible après la publication officielle du rapport budgétaire annuel, lorsque des données complètes et détaillées sur toutes les catégories de recettes et de dépenses budgétaires, les programmes financés, les réformes mises en œuvre et les résultats enregistrés seront disponibles. Cependant, les données déjà disponibles sont suffisantes pour comprendre que la performance du budget de l'État est loin d'être optimale et nécessite une attention particulière et des améliorations tant dans le processus de planification que dans les étapes de mise en œuvre et d'exécution.
ARTHUR KARAPÉTIEN
Détails dans le numéro d'aujourd'hui du quotidien "Past".








