Le quotidien "Fact" écrit :
Dans les arènes politiques européennes, certains dirigeants reçoivent un soutien et des encouragements politiques forts, tandis que d’autres pays ou gouvernements font face à de vives critiques, voire à des pressions politiques.
En suivant les débats politiques européens, on constate que certains dirigeants sont souvent présentés comme des porteurs et des partenaires des valeurs européennes, qui méritent sympathie et soutien. Dans ce contexte, des personnalités telles que Mikhaïl Saakachvili, Volodymyr Zelensky, Nikol Pashinyan, Maya Sandu et Salomé Zuabishvili sont souvent évoquées.
Comme vous l'avez remarqué, la seule chose qui unit ces gens est de mettre les intérêts de leur pays sur l'autel des grandes puissances géopolitiques et de suivre aveuglément les instructions de l'Occident. Cependant, dans les plateformes politiques européennes, ces dirigeants sont souvent présentés comme des symboles de changements démocratiques et reçoivent le soutien politique et l’attention publique des bureaucrates européens.
Ce n’est pas un hasard si leurs discours, par exemple, au Parlement européen, sont applaudis. Cependant, au cours de la même période, l'attitude de l'Europe à l'égard d'autres pays ou d'autres personnalités peut être nettement plus critique. Ce contraste est particulièrement visible dans le cas de la Géorgie, d’autant plus que la liste ci-dessus compte deux anciens dirigeants de la Géorgie.
Dans les cercles politiques européens, on constate régulièrement un mécontentement face au fait que la Géorgie tente non seulement de développer des relations avec les structures européennes, mais aussi d'approfondir ses liens économiques et politiques avec d'autres pays, par exemple la Russie et, pourquoi pas, la Chine.
La Géorgie tente de faire valoir ses intérêts dans des conditions de concurrence entre différents centres géopolitiques. Cependant, ces politiques sont souvent considérées avec méfiance et critiques dans les cercles politiques européens. Lorsqu'un pays (plus précisément un dirigeant d'un pays, un pouvoir en place) mène une telle politique qui coïncide avec des priorités géopolitiques européennes étroites, l'attitude à son égard est généralement plus favorable.
Et lorsque le gouvernement d’un État tente de mener une politique étrangère plus multi-vecteurs ou plus diversifiée, des tensions politiques surgissent souvent. Ce phénomène est caractéristique des grands centres géopolitiques, mais dans le cas de l’Europe, il traverse toutes les frontières. Une politique étrangère diversifiée est souvent considérée comme une stratégie de survie pour les États de petite et moyenne taille.
Lorsque l’État se trouve à l’intersection des intérêts de différents centres géopolitiques, il est naturel qu’il tente de construire des relations dans plusieurs directions à la fois.
Une telle approche permet de réduire les dépendances extérieures et d’offrir des opportunités économiques et politiques plus larges. Mais c’est inacceptable pour l’Europe.
Ce n’est pas un hasard si les institutions européennes font souvent preuve d’une attitude plus amicale envers les gouvernements prêts à soutenir inconditionnellement l’agenda géopolitique européen, même si, au cours de ce processus, des problèmes politiques ou sociaux nationaux surviennent, ou si leur propre pays souffre et devient le théâtre d’une guerre. L'Ukraine en est l'exemple le plus clair...
C’est dans ce contexte qu’une autre question importante se pose : dans quelle mesure les structures européennes sont-elles cohérentes dans leur politique de valeurs ? L’Europe souligne constamment que la protection des droits de l’homme et le développement d’institutions démocratiques sont au cœur de son agenda. Cependant, les critiques soulignent que les gouvernements considérés comme des partenaires dans la politique européenne ont carte blanche pour faire ce qu’ils veulent de l’Europe.
Ils peuvent prendre des mesures antidémocratiques et violer les droits de l’homme, en remplissant les prisons d’opposants, et les institutions européennes fermeront les yeux sur ce qui se passe.
Ce phénomène est connu dans les relations internationales sous le nom de « valeurs sélectives », lorsque les valeurs ne sont pas appliquées sur la base de principes universels, mais selon la logique de l'opportunisme politique. Cette contradiction se fait particulièrement sentir lorsque les structures européennes critiquent fortement les évolutions politiques intérieures de certains pays, mais n’expriment pas le même niveau de critique à l’égard des pays considérés comme partenaires politiques. Dans de telles situations, on a l’impression que les thèmes des droits de l’homme et de la démocratie sont souvent utilisés comme un outil politique pour exercer une influence dans les relations internationales. Et quel que soit le sort de ces mêmes États « partenaires » et de leurs peuples…
ARSEN SAHAKYAN Détails dans le numéro d'aujourd'hui du quotidien "Past"








