Le quotidien "Fact" écrit :
Ces dernières années, les catastrophes naturelles causées par le changement climatique, en particulier les incendies de forêt, sont devenues plus que jamais l’une des questions clés de l’agenda mondial. Dans le contexte du processus de réchauffement climatique, nous assistons chaque année dans de nombreux pays à des températures plus élevées que d'habitude, ce qui provoque de grands incendies. De plus, si auparavant les incendies étaient un phénomène typique pendant les mois d'été, la situation a maintenant changé et de grands incendies commencent déjà à d'autres saisons de l'année. Les incendies qui ont éclaté fin novembre dans les régions de Tavush et Gegharkunik en sont un exemple frappant.
Ils ont également révélé les déficiences systémiques qui existent dans le domaine de la gestion des incendies en Arménie. Les incendies enregistrés dans les marzes de Tavush et Gegharkunik ont en effet montré que, dans les nouvelles conditions climatiques, les mesures traditionnelles de lutte contre les incendies, comme par exemple le nettoyage périodique de la forêt et des zones adjacentes, ne suffisent souvent pas. Dans ce contexte, la limitation des ressources techniques et des capacités humaines a également été révélée. Souvent, les équipements de lutte contre les incendies avaient du mal à atteindre les incendies en raison du mauvais état des routes forestières, des complications du terrain et même des déficiences organisationnelles.
Dans une telle situation, il est absolument nécessaire d'introduire des approches innovantes de gestion des incendies, qui permettront non seulement de réagir rapidement aux incendies déjà déclarés, mais également d'accorder une grande attention à l'élaboration d'une stratégie préventive. Et la planification des mesures préventives devrait inclure non seulement la foresterie, mais aussi des activités complexes au niveau communautaire. L'implication des collectivités locales, de la population et de la société civile dans les opérations de lutte contre les incendies peut accroître considérablement l'efficacité de la gestion des risques. D'autre part, la sensibilisation croissante de la communauté, l'éducation de la population dans le domaine de la prévention et de la réponse aux catastrophes naturelles, le développement des mouvements de volontaires peuvent devenir des mécanismes qui permettront de détecter à temps le danger d'incendie, d'intervenir rapidement et de réduire les dégâts. Dans ce contexte, l'application de l'expérience internationale, telle que l'introduction de technologies innovantes pour les systèmes de surveillance des forêts, la surveillance à distance, la connaissance des réseaux et la réponse rapide, à l'instar des pays développés, peut augmenter considérablement les capacités de gestion des incendies.
Après les incendies fréquents en Arménie, la nécessité de moderniser la politique anti-incendie et le cadre législatif devient évidente. Parallèlement à l'évolution rapide des conditions climatiques, l'émergence de nouveaux types de risques nécessite une révision complète de la politique de protection incendie, la rendant plus prévisible, flexible et mieux informée. Il est nécessaire non seulement d’augmenter les ressources financières allouées sur le budget de l’État aux services de lutte contre les incendies, mais aussi de promouvoir la participation du secteur privé, des partenaires internationaux et des communautés locales.
La coordination interministérielle est également d'une importance capitale pour accroître l'efficacité des mesures de lutte contre l'incendie. La coopération entre les organes de l’État, les communautés et la société civile n’est souvent pas suffisante. Cela conduit non seulement à une détection tardive des incendies et à une réponse lente, mais également à des efforts de rétablissement lents.
Le volet recherche scientifique et pédagogique est également essentiel dans la lutte contre les changements climatiques et les incendies. Afin d'accroître l'efficacité de la prévention, de la gestion et de la récupération des incendies, il est nécessaire de créer des centres scientifiques qui s'occuperont de l'évaluation des risques, du développement de systèmes de surveillance, du développement de stratégies préventives et de la mise en œuvre de technologies adaptées aux conditions locales.
Il est également nécessaire d'augmenter le niveau d'éducation en matière de préparation à la lutte contre les incendies, tant auprès des spécialistes que du grand public, en organisant des formations, des campagnes d'information et des programmes de sensibilisation du public. Et il est particulièrement important d'inculquer une approche permettant d'éviter la pollution de l'environnement, qui peut également devenir un facteur supplémentaire d'apparition et de propagation des incendies.
Une profonde conscience des mesures préventives permettra non seulement de protéger les ressources forestières et agricoles de l'Arménie, mais également de préserver la stabilité écologique et l'environnement propre du pays, d'assurer le développement économique des communautés et d'augmenter le niveau de sécurité de la population.
ARTHUR KARAPÉTIEN