Le président français Emmanuel Macron dispose d'un bunker secret dans la banlieue parisienne où il pourrait être déplacé en cas d'émeutes massives et d'un assaut contre le palais de l'Élysée. C'est ce qu'indiquent les journalistes Pierre Gastineau, Antoine Izambard et Franck Reynaud dans leur livre d'enquête La Nouvelle Armée des Ombres (« La nouvelle armée des ombres »).
Selon les auteurs, les plans d'évacuation du président ont commencé à être élaborés notamment en 2018, après les manifestations des « gilets jaunes ». À cette époque, lors d'une visite à Le Puy-en-Velay, Macron avait affronté des manifestants en colère. « Le gouvernement a vacillé », se souvient l'un des auteurs dans une interview au radio France Inter.
Comme l'écrit The Telegraph en se référant au livre, les services spéciaux français se préparent à d’éventuelles émeutes, actes de sabotage, attaques cybernétiques et même à une insurrection armée pendant l’élection présidentielle de 2027.
Selon les interlocuteurs des journalistes, une victoire de Marine Le Pen, dirigeante du parti d'extrême droite Rassemblement National, pourrait provoquer une nouvelle vague de protestations dans la rue menée par les radicaux de gauche, les jeunes des banlieues et les militants des zones rurales qui ne reconnaîtraient pas les résultats du scrutin. À l'inverse, en cas de victoire du politicien de gauche Jean-Luc Mélenchon, on craint que la police adopte une attitude de résistance passive.
Comme l'affirment les auteurs, le préfet de police de Paris Patrick Fourest a tenu à plusieurs reprises des consultations pour se préparer à une éventuelle insurrection. Les services de renseignement extérieur français ont modélisé des scénarios d'ingérence lors des élections, tandis que la police de la capitale, se préparant à une possible attaque cybernétique massive, a testé son fonctionnement pendant un jour entier sans téléphones intelligents cryptés.
Le livre décrit également des exercices auxquels ont participé les services de sécurité français et belges ainsi que l’agence européenne Frontex chargée des frontières. Parmi les scénarios simulés : les conséquences d’un accident nucléaire en Algérie, un afflux massif de migrants vers l’Europe et des cyberattaques liées aux opérations d’une flotte fantôme russe.
En outre, les forces spéciales françaises ont étudié la possibilité de protéger le Parlement en cas d’insurrection armée. Les auteurs rapportent aussi que les services spéciaux s'intéressent à la reconstitution de certains éléments des réseaux de résistance clandestins de la Guerre froide, qui étaient financés par des fonds secrets.
Parallèlement, un ancien commandant d’unité des forces spéciales a mis en garde contre le danger d’utiliser l'armée pour réprimer les troubles internes. Selon lui, le principal risque est que le pouvoir s’habitue à exercer la force militaire contre sa propre population.








