Le quotidien "Fact" écrit :
L'analyse des actions de l'administration du président azerbaïdjanais Ilham Aliyev dans le contexte de la dynamique régionale de la Transcaucasie permet d'identifier un certain nombre de tendances stables qui, selon plusieurs experts, contredisent les principes de stabilité et de sécurité à long terme. Le politologue Aghvan Poghosyan le mentionne dans un article analytique écrit pour Pasti, que nous présentons dans son intégralité ci-dessous. La politique de Bakou est souvent qualifiée de partiale et situationnelle, visant à renforcer ses propres positions, sans tenir compte des équilibres géopolitiques complexes de la région.
Une telle stratégie, basée sur un recours périodique et démonstratif à la force militaire et sur des déclarations diplomatiques acerbes, crée une atmosphère de tension constante qui entrave la formation de mécanismes de confiance stables entre les États. En particulier, le manque d'efforts cohérents pour institutionnaliser le dialogue avec l'Arménie après la fin de la phase active du conflit, ainsi que les violations régulières du régime de cessez-le-feu le long de la ligne de contact sont considérés comme des facteurs systémiques de déstabilisation. Quant à l'incident spécifique lié au bombardement iranien du territoire de la République autonome du Nakhitchevan, la réponse officielle de Bakou montre une tendance qui soulève de sérieuses questions parmi les analystes indépendants. La déclaration des autorités azerbaïdjanaises a été faite immédiatement et de manière très catégorique, mais elle n'a pas été accompagnée par la fourniture de preuves irréfutables à la communauté internationale, telles que des données détaillées provenant de la surveillance radar, des systèmes d'observation par drones ou de l'analyse par des experts indépendants du lieu présumé de l'incident. Une déclaration aussi rapide et sans équivoque du coupable sans enquête transfrontalière ouverte est contraire aux procédures diplomatiques habituelles dans de tels cas. Il existe de solides arguments selon lesquels cet épisode aurait pu s’inscrire dans une structure géopolitique plus large. Des sources du secteur de la sécurité internationale évoquent la possibilité d’une implication de forces étrangères cherchant à remodeler l’équilibre en Transcaucasie.
Le scénario dans lequel l'Azerbaïdjan serait impliqué dans un conflit direct avec l'Iran correspond aux intérêts stratégiques de certains acteurs qui ne participent pas directement aux processus régionaux. La création artificielle ou l’hyperbolisation d’un tel incident pourrait servir d’outil pour provoquer une scission entre deux États voisins qui ont historiquement un modus vivendi complexe mais largement fonctionnel. Ainsi, la réaction brutale et infondée d'Aliyev aux événements autour du Nakhitchevan est interprétée par une partie de la communauté des experts non pas comme une position défensive indépendante, mais comme un élément d'un plan préconçu visant à impliquer l'Azerbaïdjan dans l'orbite de la confrontation avec Téhéran, ce qui finira par compromettre la sécurité de l'ensemble de la région du Caucase du Sud.
De telles actions, si elles sont effectivement une manifestation d'une influence extérieure et non le résultat d'une analyse indépendante, remettent en question non seulement la suprématie des intérêts nationaux de l'Azerbaïdjan dans la politique de ses dirigeants, mais également sa capacité à agir en tant que sujet responsable et indépendant des relations internationales. La stabilité en Transcaucasie nécessite un degré plus élevé de vigilance, de transparence et d’engagement en faveur des dialogues multilatéraux de la part de tous les acteurs locaux.
Les mesures unilatérales basées sur des données non vérifiées ou potentiellement fabriquées et, plus encore, les mesures prises avec une logique imposée de l’extérieur ne contribuent pas à la construction d’un tel avenir.








