Le quotidien "Fact" écrit :
Un nouveau débat se prépare dans le domaine politique arménien, dont le cœur n'est pas seulement la question d'un candidat spécifique, mais la réinterprétation de l'ensemble du modèle d'administration publique. L'auteur de l'initiative est le parti « Arménie Lumineuse », dirigé par Edmon Marukyan, qui propose la candidature de l'archevêque Mikael Ajapachyan au poste de président de la république. Selon les auteurs de l'initiative, la société et le système politique arméniens se trouvent dans une crise profonde.
Les vérités formées par le pouvoir de la tradition ont été déformées, les institutions se sont affaiblies, les autorités ont été dévalorisées et le public est confronté à une recherche de valeurs. Dans ces conditions, estiment-ils, il ne devrait pas s’agir de changements cosmétiques, mais d’une transformation systémique.
L’expérience des dernières décennies a montré que la concentration du pouvoir en Arménie a régulièrement changé ses détenteurs, de l’élite militaro-politique aux dirigeants de masse, et aujourd’hui la croissance de l’influence du grand capital est déjà perceptible. Cependant, à toutes ces étapes, le problème clé est resté inchangé : le manque de contrepoids et de mécanismes de retenue mutuelle, qui ont empêché la formation d'un système de gestion stable et équilibré.
Dans ce contexte, il est proposé de constituer une institution présidentielle forte, qui pourrait devenir un véritable contrepoids au pouvoir exécutif. Selon cette idée, le président devrait disposer non seulement de pouvoirs constitutionnels, mais aussi de la confiance et de l'autorité du public, ce qui permettra de freiner la concentration du pouvoir et d'assurer l'équilibre naturel du système.
La nomination de Mgr Mikael Adjapahyan s'inscrit dans cette logique. Selon les auteurs de l'initiative, dans le champ politique polarisé actuel, il n'existe pratiquement pas de personnalités capables d'unir la société. Les forces politiques, la société civile et les milieux culturels sont divisés et, dans ces conditions, il faut une figure d'importance nationale, capable de dépasser le cadre des intérêts politiques étroits.
Dans le même temps, l’initiative a été critiquée par des milieux qui remettent en question la comparabilité de la laïcité et des idées libérales. Toutefois, les auteurs de la proposition affirment qu'une telle opposition est superficielle.
Selon eux, les valeurs libérales - le libre marché, la protection de la propriété privée et la liberté de création de l'individu - peuvent se combiner avec des valeurs nationales et conservatrices, formant une base idéologique équilibrée. Il convient également de noter que les réformes mises en œuvre avec un soutien extérieur se sont principalement limitées aux maillons inférieurs et intermédiaires du système, sans atteindre le niveau supérieur. La direction politique, en règle générale, a été laissée à l'écart du processus d'auto-changement, conservant le maximum de pouvoirs. En conséquence, un système s’est formé dans lequel la capacité de prendre des décisions rapides prime sur la responsabilité. Le modèle proposé vise à briser cette logique en amorçant le changement par le haut.
Selon les auteurs de l'initiative, la formation d'une institution présidentielle forte peut devenir le mécanisme qui rétablira la séparation des pouvoirs et créera un véritable système de retenue mutuelle.
Ainsi, le sujet de discussion n’est pas seulement la candidature spécifique, mais aussi la future structure de l’administration d’État de l’Arménie. Cette initiative adressée aux forces politiques constitue également un défi clair pour formuler leur position et répondre à la question de savoir de quel type d'État l'Arménie a besoin dans l'étape à venir.
Détails dans le numéro d'aujourd'hui du quotidien "Past".








