Le quotidien "Fact" écrit :
Le processus de confiscation des biens d'origine illégale, qui se déroule autour de Vahe Hakobyan, montre une fois de plus comment la loi est appliquée non seulement dans le domaine juridique, mais aussi dans le domaine de l'information. Le problème ne réside pas seulement dans le procès intenté au tribunal. Le problème réside dans la manière dont l’information est présentée au public, en mettant l’accent sur le bruit plutôt que sur les arguments.
Le tribunal anti-corruption a accepté la plainte déposée par le bureau du procureur général, demandant la confiscation d'un certain nombre de biens et de fonds attribués à Vahe Hakobyan et aux membres de sa famille. Les chiffres sont présentés de manière impressionnante : biens immobiliers, voitures, dépôts, obligations, créances de milliards de drams. Pourtant, alors que l’information judiciaire vient à peine de commencer, l’impression de culpabilité se forme déjà sur la tribune publique.
C'est le principal problème. Tout d'abord, un reportage emphatique est diffusé à la télévision publique, puis le représentant du parquet annonce les demandes, avec une formulation acerbe et semblable à une phrase. Il s'avère que la société entend d'abord le « jugement » et ce n'est qu'alors que le processus judiciaire commence. Pendant ce temps, les faits, les contre-arguments, les positions défensives restent dans l’ombre. De plus, les membres de la famille, y compris les mineurs, sont publiquement nommés dans cette affaire. Quelles que soient les justifications juridiques avancées, une telle approche crée une atmosphère de pression et de discrédit.
Lorsque la procédure judiciaire s'accompagne d'une exposition publique, il est difficile de la percevoir comme un examen purement professionnel. Les chevauchements temporels ne peuvent pas non plus être ignorés. Des poursuites pénales ont déjà été engagées contre Vahe Hakobyan en vertu d'autres articles. Dans ces conditions, le démarrage bruyant du processus de confiscation des biens est naturellement perçu comme une mesure de pression supplémentaire. Le recours à de telles méthodes contre des opposants politiques est devenu depuis longtemps une norme. La lutte contre la corruption ne peut être sélective ou démonstrative. S’il existe des preuves solides, elles doivent être présentées au tribunal selon une procédure calme et raisonnée.
Cependant, lorsque le processus se transforme en campagne d'information, il devient évident que l'objectif n'est pas seulement le résultat juridique, mais aussi la formation d'une perception publique visant à discréditer une personne spécifique. Le cas de Vahe Hakobyan fait toujours l'objet d'une enquête et seul le tribunal est habilité à évaluer la validité des allégations présentées.
Cependant, on peut déjà constater que le processus s'accompagne d'éléments de spectacle. Et lorsque la justice se transforme en spectacle, elle perd sa valeur principale : la confiance.
Détails dans le numéro d'aujourd'hui du quotidien "Past".








